

Depuis 2023, Air citoyen anime des projets de mesures participatives de la qualité de l'air avec des habitants et des professionnels de santé. Inspirés de l’éducation populaire, ils leur permettent d'objectiver les pollutions extérieures, de prendre conscience de leur exposition aux polluants intérieurs, et enfin, ils leur donnent les moyens de comprendre les sources de pollution et les conséquences sur leur santé afin de pouvoir agir pour s'en protéger.
Objectifs :
1. Donner les moyens aux citoyens de comprendre l’impact de la pollution de l’air sur leur santé afin de les mobiliser sur ces enjeux sanitaires et sociaux et de favoriser des comportements aptes à réduire leur émission de pollution et à protéger leur santé.
2. Participer à la surveillance de la qualité de l’air extérieur.
3. Participer à la structuration des acteurs du territoire (associations, experts, chercheurs, collectivités territoriales) autour des enjeux de santé-environnementale.
4. Alimenter la recherche en sciences participatives à des fins académiques et d’essaimage.
Documentation du projet à télécharger
Note technique d'Atmosud sur les nuisances des fumées des restaurants
2 départements (Bouches-du-Rhône, Alpes Maritimes), 3 communes, 3 quartiers prioritaires de la Ville de Marseille.

Prêt de 2 capteurs par Atmosud sur une durée de 6 mois à chaque participant :
Protocole de mesures :
Visualisation des données :
Accès à la plateforme de mesures OpenAirMap.
Des entretiens individuels initiaux et finaux :
Un carnet d’observations pour noter les observations, les expérimentations et les questions.
Un groupe Signal et des réunions collectives :


Atmosud :
AirCarto SAS : Air citoyen travaille en étroite collaboration depuis trois ans avec Paul Vuarambon fondateur d’AirCarto SAS, entreprise qui conçoit et fabrique des capteurs de mesure de la qualité de l’air open source.
CPTS Activ'Santé : co-portage des groupes projets Air'Ô Santé
100% des participants ont été engagés tout au long du projet
Chaque étape du projet a été un moteur puissant de motivation à participer activement.
Suivi individuel : les entretiens initiaux, menés avant la mise à disposition des capteurs, ont un effet d’engagement fort. Une des raisons : l’entretien est axé sur leur ressenti et leurs représentations de la qualité de l’air.
Suivi collectif : les échanges WhatsApp et les réunions collectives suscitent le partage des pratiques et l’apprentissage par les pairs.
L’originalité de la démarche, une source de motivation : les participants ont à plusieurs reprises évoqué le sentiment de participer à une expérimentation originale sur un sujet de santé majeur mais méconnue.
Franchement, je ne suis pas du tout scientifique et ça m'a intéressée de participer à cette expérience collective. (Réunion collective du 2 novembre 2023)
J’y ai pal mal joué les premiers jours. Par exemple j’ai observé que je dégage du co2 et de l’humidité quand je fais du sport dans le salon fenêtres fermées !
J’ai observé que le petit épurateur d’air que j’ai acheté à Darty n’est pas vraiment un gadget, il fait baisser les PM et les COV.
Il est arrivé que le Modulair demande d’aérer alors que le Nebuleair est rouge. Dilemme !
Ces appareils sont entrés dans notre quotidien. Par exemple, on sait maintenant si on peut aérer côté rue.
Quand le restaurant nous envoie sa fumée le Nebuleair est rouge ou violet. À la fermeture le voyant redevient bleu. Mais la semaine dernière, on était dans le rouge 24h/24. La pollution ne venait donc pas (que) de lui.
Depuis une semaine, j’ai été surmenée et je n’ai pas fait d’expérience ni tenu le journal. 😕
Bon week-end ! (Message WhatsApp d'une participante)

Des effets de la cuisine aux spirales à moustiques en passant par l’occupation malencontreuse d’un Moduleair par des cafards, les expérimentations et observations ont été multiples, souvent originales, et propices à une meilleure compréhension des nombreuses facettes de la qualité de l’air.
J’ai fait des petits plans à différents endroits dans l'appartement. C'est pour ça que j'aurais aimé avoir au moins 4 capteurs en même temps pour essayer de reproduire dans une pièce un peu les mêmes trucs à des temps différents. Le truc tout bête, c'est que j'ai fait plein de tests pour essayer de savoir qu'est-ce qui provoquait quoi. (Réunion collective du 2 novembre 2023)
La hauteur, c'est une question que je me suis posée. Du coup, j’ai posé le capteur à 60 cm du sol et puis je l'ai posé à 2m50. Je me suis aperçu que les COV et les PM, on s’en débarrassait pas de la même manière. Par exemple, avec le velux ouvert, les PM, ils bougeaient pas tant que ça, donc je me suis dit que c'était peut-être plus lourd et du coup qu’ils étaient plus en bas. (Réunion collective du 2 novembre 2023)
Une concrétisation de la notion complexe de qualité de l’air et une prise de conscience de ses enjeux.
Acquisition de connaissances sur la QA et motivation à se documenter par soi-même et en groupe. La méthode alliant expérimentation individuelle, partage collectif et accompagnement par Air citoyen les a incités à à acquérir des connaissances (auto-apprentissage, apprentissage par les pairs).
Les participants ont modifié leurs comportements au quotidien en particulier en aérant plus systématiquement leur logement.
La majorité des participants souhaitent poursuivre le projet en tant que parrains des futurs participant d’Air’Ô 2024 (recrutement, suivi)
Ca m'a poussé à aller lire sur ce qu’étaient les PM. Le rapport à la vie quotidienne, je trouve que ça rend très concret, et ça donne un sens aussi au projet parce qu’on s'interroge très concrètement sur ce qu'est la qualité de l'air et sur à la fois les contraintes de l'extérieur et nous ce qu'on peut faire. (Réunion collective du 2 novembre 2023)
Lors de l’entretien initial, Eva hésitait à faire réparer le moteur du système de filtrage et d’extration d’air de son restaurant à cause du coût élevé de la réparation mais après avoir vu les premières mesures de la CO2 sur le Moduleair, elle a fait réparer le moteur dans la semaine.
(1) Une autre idée, si on veut attirer des gens. Ici ce soir, il y a eu une quantité d’information. On a envie encore de plus. Est-ce qu’on pourrait organiser une conférence ?
2) Nous, on peut faire le relais chacun d'un nouveau participant.
L’expérimentation de mesure participative a révélé une problématique inédite de pollution de l’air extérieur par des restaurants à grillade au charbon de bois.
Les capteurs extérieurs placé sur les façades à proximité des fenêtres de deux appartements enregistrent des taux régulièrement très élevés de particules fines, l’un rue Longue des capucins (Noailles), l’autre rue de la Fare (Belsunce). Les observations réalisées par les habitants (fumées, odeurs, heures d’ouverture/fermeture des restaurants à proximité) sont cohérentes avec les variations de particules fines. Mesures et observations indiquent donc que ces pollutions proviennent des fumées des restaurants de grillades au charbon à proximité. Les taux de PM émis à proximité des habitations, ce pendant plusieurs heures en continu, exposent gravement la santé des habitants de ces deux foyers et des foyers environnants.



Atmosud a édité une note technique issue de l’analyse des mesures de la qualité de l’air réalisées dans le cadre de Air’Ô qui a été transmise à la Ville de Marseille. La note conclut que : "Au regard de la configuration des rues de La Fare et Longue de Capucins, il est très probable que de nombreux logements ou établissements recevant du public de ce secteur, puissent être régulièrement exposés à des concentrations en particules fines très anormalement élevées. Il est à noter qu’un établissement sensible accueillant de jeunes enfants, la crèche Belsunce, est situé dans le bâtiment en face du foyer 1 dans la rue des Dominicaines, avec des espaces extérieurs à 40 mètres à vol d’oiseau du foyer 1. En fonction de sa configuration (orientation, étages, systèmes de ventilation...), il pourrait être également impacté par des concentrations atypiques en particules fines en lien avec les activités de restauration de proximité."
Air citoyen poursuit le projet avec de nouveaux participants des mêmes quartiers en 2024. Des médecins de ville participent à l'étude afin d'initier des projet avec les professionnels de santé. Nous poursuivons également l'enquête sur la pollution issues des fumées des restaurants. Les objectifs : tenter de mesurer combien d'habitants sont confrontés à des taux de pollutions au niveau local, mener des mesures de polluants spécifiques aux émanations de fumées de grillade, jouer le rôle de médiateur et passeur entre les habitants, Atmosud, la Ville de Marseille et les restaurants pour rechercher des solutions susceptibles de réduire sensiblement les effets nocifs de ces pollutions.